Goldsmiths’Fair 2018

En ce début d’automne et comme chaque année depuis 1982, la Goldsmiths’ Fair ouvre les portes de l’écrin de marbre, dorures et lustres de cristal du Goldsmiths’ Hall. Cet événement soutient les artisans orfèvres et joailliers du Royaume Uni. Sont attribués 2 prix du meilleur design et 10 bourses pour promouvoir les artistes émergents. Cette année, 138 exposants admis sur dossier ont eu l’honneur de participer à ce salon ouvert à la clientèle, aux collectionneurs, mais aussi aux amateurs à la recherche du beau et de la perfection. En quelques thématiques majeures, je vous présente mes coups de cœur de la première semaine d’exposition

Place au design, aux techniques et à l’inattendu : secrets d’artistes !

Lukas Grewening présente des feuilles oxydées. Elles brillent et pourtant il n’y a pas de diamants. Quel est son secret ? Un flash et tout est dévoilé – le métal est fraisé aux endroits choisis de manière à refléter la lumière au moment du flash et former un motif blanc sur fond noir. L’effet de surprise est immédiat.

Lukas Grewening

Lukas Grewening

Le platine – métal précieux blanc – change de couleur grâce aux alliages confidentiels de Tom Rucker. Bleu ou rose, il est associé à l’or blanc ou jaune traité en un fin grillage dont chaque minuscule segment est soudé au laser – méthode tout aussi confidentielle !

Tom Rucker

Tom Rucker

Max Danger décide de surprendre en sculptant des robots, des abeilles et des singes à même la cire. Le résultat est bluffant de réalisme et de minutie. Les bijoux sont ludiques et porteurs de message – « Le poids du monde sur les épaules » ou la pollution…, dont il se sert comme point de départ à sa créativité.

Max Danger
Max Danger

Max Danger

Le Keum-Boo, technique ancestrale coréenne, est revisité par Anna Wales dans un collier sublime de par sa simplicité et son efficacité pour parer tout décolleté. Kayo Saito martèle l’argent et joue de fils et de perles pour former  volumes organiques et aériens

Anna Wales

Anna Wales

Kayo Saito

Kayo Saito

Précieux détails

Saint Dunstan, saint patron des orfèvres, se cache dans les détails ! Chacun d’entre eux compte, magnifie le bijou et le rend irrésistible.

Ruth Tomlinson piège les pierres à l’aide de granules, les emprisonne à même le métal comme si or et cristaux ne faisaient plus qu’un. Le jeu des textures et des motifs oscillent entre l’impression du brut et la sensation de douceur.

Ruth Tomlinson

Ruth Tomlinson

Yen travaille les fils de métal précieux en leur faisant vivre l’extrême, mais en l’espace de quelques secondes seulement. Une flamme intense créé de jolies perles d’or, comme des gouttes de rosées sur l’extrémité de tiges dorées qui viennent sertir la pierre.

Yen

Yen

Maya Selway porte bien son nom. Solaire, elle choisit de sertir – ou non – un camaïeu de saphirs bleus ou roses pétillants sur un motif floral délicat. Ses alliances s’amusent sur le même principe – le serti ouvert devient un ajour, une dentelle délicate.

Maya Selway
Maya Selway

Maya Selway

Margaux Clavel facette le métal à la manière de pierres précieuses, agencées pour créer des bijoux contemporains s’inspirant des bijoux victoriens agrémentés de diamants, saphirs et émeraudes. L’architecture romaine est quant à elle retranscrite dans des colonnes de lapis lazuli et de malachite des boucles d’oreilles chandeliers.   

WWAN1 by Margaux Clavel

WWAN1 by Margaux Clavel

Pierre de centre

Partisans du métal précieux, prenez garde, vous allez l’oublier ! Ces artistes sculptent, empilent, associent les pierres fines, qui deviennent le sujet principal de la pièce. Vous avez parlé de métal ?

Les pierres d’Ingo Henn sont sculptées en Allemagne, son pays d’origine, et réalise un travail global autour d’oiseaux mythiques ou de motifs contemporains en y associant l’émail – des œuvres d’art à l’échelle d’un bijou.

Henn of London

Henn of London

Chris Boland fait s’encastrer une citrine dans le serti d’une améthyste, qui devient une fenêtre violette vers un pan caché de la pierre. La disposition des pierres sur les bagues est telle qu’on découvre l’objet sans cesse, en lui faisant faire des tours entre ses doigts. On en modifie le sens du porté sur la main pour le plaisir du changement.

Chris Boland

Chris Boland

  Shivani Patel, Josef Koppmann et James Fairhurst mettent en valeur des pierres taillées, mais chacun avec son propre style. Shivani utilise des pierres entaillées dans la culasse, ce qui fait plonger l’admirateur dans les couleurs et les reflets des bagues et colliers. Josef associe les couleurs et les formes épurées, cubiques, les bagues se complètent. James privilégient les cabochons intenses dans un serti solaire.

Shivani Patel

Shivani Patel

Josef Koppmann

Josef Koppmann

James Fairhurst

James Fairhurst

Et voici que ma visite de Goldsmiths’ Fair s’achève. Je regrette de ne pas pouvoir découvrir les artistes de la seconde semaine. Les découvertes, l’émerveillement et les rencontres ont été au rendez-vous. Je remercie tous les artistes joailliers qui ont partagé leurs inspirations et leur passion à leur stand, pour ce temps précieux qu’ils m’ont consacré alors que les clients se pressaient.

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