Il y a des annonces qui font du bruit. Et puis il y en a d’autres qui font de l’effet. Celle de ce matin appartient à la deuxième catégorie. 18 juin 2026, en marge d’Art Basel, deux acteurs majeurs de l’événementiel mondial ont officialisé ce que le secteur attendait, espérait, et parfois n’osait plus croire : le retour d’un grand salon de bijouterie et d’horlogerie à Bâle, huit ans après la disparition de Baselworld. Il s’appelle Basilia Jewellery & Watch Fair, et sa première édition est prévue en avril 2027.

Derrière ce projet, une alliance inédite : Informa Markets, opérateur du premier réseau B2B mondial dédié à la bijouterie, notamment connu pour le Jewellery & Gem WORLD Hong Kong, et MCH Group, dont l’expérience dépasse le siècle et qui a donné au monde Art Basel. Deux ADN différents, une conviction commune : l’industrie a besoin d’un nouveau point de rencontre intercontinental, pensé pour ce qu’elle est aujourd’hui, et non pour ce qu’elle était il y a vingt ans.
Bâle, pas par nostalgie, mais par logique
Choisir Bâle n’est pas un geste sentimental. C’est un choix stratégique. Trois pays se rejoignent ici, la Suisse, l’Allemagne et la France, et le commerce y circule depuis deux millénaires. La ville est compacte, connectée, facile à traverser, à la fois mondiale par sa culture et intime par son échelle. Pour un salon qui ambitionne de réconcilier l’offre asiatique et la demande européenne, difficile de trouver meilleur terrain.
Le calendrier, lui aussi, a été pensé avec finesse : les journées professionnelles de Basilia devraient débuter là où celles de Watches & Wonders Genève s’achèvent, transformant de fait le mois d’avril en un véritable circuit suisse pour les acheteurs, les prescripteurs et les médias du secteur. Ceux qui traversaient déjà l’Atlantique ou le Pacifique pour Genève n’auront qu’un train à prendre.

Un salon conçu comme une ville
Ce qui retient l’attention dans le concept de Basilia, c’est son refus du format standardisé. Plutôt qu’un modèle de présentation uniforme, Basilia se structure comme une ville, avec ses quartiers, ses districts, ses vallées et ses places : Jewellery Neighbourhoods, Diamond & Gem Districts, Watch Valleys, Swiss District, Tech Hub, et des espaces inspirés de Hong Kong, Bangkok, Jaipur, Istanbul, Anvers, Paris ou Milan.
L’idée est celle d’une ville en construction, partant du centre pour rayonner vers des quartiers où les découvertes se font au fil de la déambulation. Chaque espace reflétera l’identité culturelle et industrielle du territoire qu’il représente. C’est une proposition éditoriale autant qu’une proposition commerciale, et c’est précisément ce qui la distingue.

50 % bijouterie : un signal fort
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La bijouterie représentera 50 % de l’offre exposante, les pierres précieuses 25 %, et l’horlogerie 25 %. Ce n’est pas un détail de programme, c’est une déclaration d’intention. Depuis la fin de Baselworld, le monde de l’horlogerie a su se réorganiser autour de Watches & Wonders. La bijouterie, elle, cherchait encore son grand rendez-vous européen. Basilia y répond directement.
Plus de 400 exposants sont attendus dès la première édition, dans le Hall 2 de Messe Basel, avec une promesse tarifaire claire : celle de l’accessibilité. Un signal destiné aux créateurs indépendants, aux fabricants de taille moyenne et aux acteurs émergents des marchés asiatiques et européens, trop souvent écartés des grands salons par des coûts de participation prohibitifs .
Ni la nostalgie de Baselworld, ni son fantôme
La question a fusé dès la conférence de presse : pourquoi Basilia réussirait là où Baselworld a échoué ? Roman Imgrüth, CEO Exhibitions & Events de MCH Group, a été direct : « Baselworld n’est plus. » Et d’insister sur le fait que les grandes expositions ne se construisent pas en une seule édition, mais dans la durée, par la confiance, et à l’écoute de ceux qui les font vivre. « En 2027, nous plantons une graine. Nous construirons à partir de là. »
C’est peut-être la phrase la plus honnête de la journée. Et la plus convaincante.
Basilia ne cherche pas à ressusciter un modèle dépassé. Elle cherche à en inventer un nouveau, plus horizontal, plus inclusif, plus ancré dans les réalités d’une industrie qui a profondément changé : dans ses chaînes d’approvisionnement, dans ses acheteurs, dans ses canaux de distribution, et dans les valeurs qu’elle porte.
Rendez-vous en avril 2027
Pour les professionnels de la bijouterie et de l’horlogerie, la question n’est plus de savoir si Bâle mérite une seconde chance. Elle est de savoir si l’on sera présent pour écrire cette nouvelle page avec elle. Rendez-vous Hall 2, Messe Basel, avril 2027.


